La Torah commentée: Non à la pensée unique

Nous les juifs sommes un peuple qui aime l’argumentation. Depuis l’histoire ancienne ou Abraham et Moise ont argumenté avec D.ieu, jusqu’à présent où les murs de nos synagogues résonnent sans cesse des joutes verbales des fidèles sur  des sujets allant de la météo du jour au problème de la faim dans le monde, c’est la même histoire:« Je dis oui et tu dis non ».

C’est ainsi que nous concevons la vie.  Il nous semble parfois que cette discorde est la source de tous nos problèmes. Si nous étions tous d’accord la vie serait tellement plus simple!. Pourtant, peut-on trouver dans la Torah la  moindre recommandation pour une telle  uniformité de pensée ?

Il est des principes fondamentaux qui ne sont pas discutables : ne pas tuer, croire en un seul dieu, éviter l’adultère… Sur ceux-là  nous sommes tous d’accord, Mais pour le reste, tout peut être débattu.

La paracha (péricope hebdomadaire) lue cette semaine dans toutes les synagogues, s’intitule « Yitro ». Elle se situe chronologiquement après que le peuple juif soit est sorti d’Égypte et raconte comment la torah lui a été donnée sur le mont Sinaï.

Le texte indique qu’après son arrivée au Mont Sinai , « Israël campa là, face à la montagne ».  Rachi (commentateur français du 11ème siècle) remarque  que l’expression habituellement utilisée dans la Torah pour faire référence à tous les autres campements est  « vaya’hanou » (ils campèrent), alors qu’ici c’est l’expression «vayi’hane » (singulier) qui est choisie. Il explique ceci par le fait que tous les autres campements furent marqués par les disputes et les querelles, alors que pour celui-là les juifs Israélites campèrent « d’un seul homme, d’un seul cœur », c’est à dire dans une unité parfaite, dans l’attente de l’évènement qui allait constituer le fondement de leur histoire (le don de la Torah).

Notre histoire est pleine de rabbins et d’enseignants qui débattent, argumentent et défendent leurs idées. Le talmud n’est qu’un microcosme de centaines d’années de débats sur une multitude de sujets. C’est une partie de notre psyché. Les juifs débattent, et c’est une bonne chose dans la mesure où le débat reste dans le domaine de la discussion authentique, où l’enjeu est le message, et non pas le messager. Les idées et l’opinion d’autrui peuvent être contestées dans le respect  du contradicteur, mais dans le cadre d’un juste débat.

Nous sommes des membres à vie de ce club.

D’après Rabbi Pinchas Avruch.

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