La paracha Vayiggash lue dans les synagogues cette semaine raconte comment Joseph, vice roi d’Égypte se fait reconnaitre de ses frères, les fils de Jacob, venus en Egypte poussés par la famine pour y chercher de la nourriture et des semences.
Elle décrit comment, l’émotion des retrouvailles passée ,joseph installe son père et ses frères dans le pays d’Égypte :
« Et Joseph établit son père et ses frères, et il leur assigna une propriété au pays d’Égypte, dans la meilleure partie du pays, dans le pays de Ramsès, comme l’avait ordonné Pharaon. Et Joseph fournit en pain son père, ses frères et toute la famille de son père, selon le nombre des enfants. Et il n’y avait point de pain dans tout le pays, car la famine était très grande, et le pays d’Égypte et le pays de Canaan étaient épuisés par la famine. » .
Ainsi, alors que le peuple Égyptien crie famine et est obligé de vendre tout ce qu’il possède, une famille d’étrangers s’installe confortablement dans la meilleure partie du pays, sous la protection de leur frère, vice-roi d’Egypte. Le contraste entre le sort des égyptiens et celui des hébreux saute aux yeux.
A ce sujet Yehudah Kiel pose la question suivante : comment se fait-il que joseph, un homme sage et de bon sens, ait pu trouver bon en ces temps critiques de pourvoir aux besoins de sa famille sans leur demander quoi que ce soit en retour, suscitant ainsi la jalousie et la haine des égyptiens?. Il envisage trois raisons:
- Après avoir sauvé l’Égypte de la famine, le statut de Joseph était si élevé qu’il paraissait juste qu’il puisse puiser dans les richesses royales (qu’il avait fait largement prospérer) pour ses propres besoins.
- Joseph était considéré comme un prêtre en jouissait donc du statut des prêtres qui étaient subventionnés par pharaon-
- Les égyptiens établirent les hébreux dans le pays de Goshen pour des raisons de sécurité. Ils devaient agir en tant que fonctionnaires afin de prévenir une invasion par cette région-.
Aucune de ces trois raisons cependant ne semble se préoccuper du développement de l’antisémitisme qui s’ensuivra et dont les conséquences sont décrites dans le livre de l’exode (asservissement des juifs réduits en esclavage).
Pourtant, si l’on se rappelle les termes de l’alliance entre D.ieu et Abraham : « Sache bien que ta postérité sera étrangère dans un pays qui ne sera pas à eux ; ils y seront en servitude et on les opprimera pendant quatre cents ans. » , on peut penser que le cours des évènements ne fait que dérouler un plan divin établi de longue date et sur lequel les humains n’ont pas prise. Car ainsi que l’enseigne Isaïe : « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel ; car autant les cieux sont au-dessus la terre, autant mes voies sont au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées ».
La prise de conscience de notre incapacité à peser avec certitude sur les évènements de ce monde devrait très certainement nous inciter à plus d’humilité
d’après Yair Barkai, head of the Lifschitz College of Education in Jerusalem.